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Staple.ch | 20 juin 2018

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A table : le régime paléolithique

A table: Le régime paléolithique

Qui dit nouveau régime, dit nouveaux et ardents adeptes. Et le paleo diet, dernier en date et en vogue, opte pour une alimentation d’antan et offre, selon les convaincus, une santé d’australopithèque. Mais de quoi est faite cette tendance qui entre peu à peu dans les cuisines occidentales ?


Tout d’abord, sachons que l’homme issu de la période paléolithique (jusqu’en 12 000 av. J.-C.), avait la caractéristique de récolter la nourriture qu’il trouvait sans élaborer de quelconques concepts actuels de production, qui façonnent notre société moderne. C’est le principe du chasseur-cueilleur. La nourriture n’avait ainsi comme dessein que de subvenir aux besoins physiques de l’être humain. Aujourd’hui, tout a bien changé. L’individu se perd au milieu de la surabondance alimentaire et adopte, depuis une quinzaine d’années, des habitudes restrictives aptes à rassasier les exigences du bien-être. Le régime paléolithique, ou en d’autres termes, la volonté de retrouver l’assiette de l’homo sapiens chez soi, s’avère être l’une de ces tendances du 21e siècle.

 

Le régime exclut tout ce qui se rapporte à la culture : céréales, légumineuse, produit laitier, sucre, produits transformés, etc. ; mais prône la viande, les fruits et légumes et toutes sortes de graines. Le fondateur de ce concept, Dr Boyd Eaton, en 1985, clamerais les bienfaits de cette méthode : perte de poids, prévention de certaines maladies et de problèmes cardio-vasculaires ou encore une grande diminution de la fatigue. En 2001, Dr Loren Cordain, professeur de nutrition, sort son ouvrage « The Paleo Diet », et met en avant les avantages incontestés de ce régime justifié par la théorie de l’évolution de Darwin : le corps et ses génomes ont programmé ce que l’être humain est censé manger. Un retour aux sources (de 2,5 millions d’années) est donc nécessaire pour comprendre comment l’homme est supposé s’alimenter au quotidien.

 

Il n’en fallait pas plus pour que les aficionados des régimes et du lifestyle s’emballent. Fini les « végétarisme », « véganisme» et encore le « crudivorisme », le paleo food détrône ses concurrents, plait aux stars, fait sens pour beaucoup, mais aussi convient parfaitement à la plupart des inconditionnels (ou des véritables incurables) du sans gluten-sans lactose. Une tendance ou un sincère mode de vie est ainsi né.

 

Il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que la science s’y penche avec attention. Et les résultats, qui pour certains sont significativement positifs, font face à de violentes critiques. Pour cause : le mauvais emploi de cette diète. En effet, la viande maigre, préconisée par les spécialistes, est remplacée par toute sorte de chair grasse et bleue, voire même par du bacon : un comble ! Aussi, les œufs sont mangés à outrance, les pommes de terres , interdites, sont déclinées de toutes sortes. Bref, les principes fondateurs sont détournés pour s’adapter au plus grand nombre et y compris pour les nouveau-nés.

 

A savoir qu’une étude australienne, publiée dans la revue « Nutrition and Diabetes » révèle que des souris, nourrie au paleo pendant plusieurs mois avaient développé une importante masse graisseuse, une carence en glucide et une intolérance au glucose. En outre, la logique voudrait que les défenseurs de l’alimentation paleo aient le même standard de vie que l’homo sapiens, c’est-à-dire en perpétuel mouvement. Malheureusement, le nomade d’autrefois est le sédentaire d’aujourd’hui. Le régime, bien qu’adaptable part sa quantité, n’est peut être tout simplement pas conforme à notre organisme humain.

 

Crédit photo: Joshua Rappeneker


Références

lanutrition.fr

The Telegraph

Thepaleodiet.com

Huffingtonpost.com

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