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Staple.ch | 22 septembre 2018

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La boîte à scandales : l'affaire Petrobras

Le scandale Pétrobras

Mars 2014, la police fédérale brésilienne révèle un scandale qui secoue l’entier du Brésil. Le géant pétrolier Petrobras, dont le pays est l’actionnaire majoritaire, est impliqué dans une colossale affaire de corruption. Le ministère public inculpe au total 86 personnes, dont des hauts fonctionnaires proches de la présidente. Explication d’une affaire au contrecoup fatal pour Dilma Roussef.


 

Tout commence il y a quinze ans. Les grandes sociétés de construction publiques, telles que Odebrecht ou Camargo, entre autres, ont formé un cartel. Ils se sont alors entendus pour partager les travaux commandités par Petrobras et ainsi, soigneusement éviter la concurrence. Cette entente illicite permet aux entreprises prestataires de se répartir les chantiers sans devoir jouer sur les prix. D’autant plus que ce cartel aurait  surfacturé les contrats envers le géant pétrolier. Les hauts dirigeants se seraient même servis à hauteur de 1 à 2 % du prix de l’ouvrage à bâtir, y compris l’exécutif de Petrobras, au courant de ce complot. Des pots-de-vin bien remplis, destinés à des complices discrets pour dissimuler ce maquignonnage.

 

Ces complices siégeaient également parmi le pouvoir politique, notamment au sein de trois partis : le Parti Progressiste (PP), le Parti du mouvement démocratique brésilien (PMBD) et le Parti Travailliste (PT), actuellement au pouvoir. Bien que ce trio recevait des sommes colossales (environ 20 Mio de Reias, soit 5 Mio CHF par contrat), c’est principalement le PT qui sera mis en cause. L’argent blanchi aura notamment servi à payer la campagne de Dilma Rousseff, élue de justesse en 2014. Aussi, Lula, suspecté par la police fédérale, se serait fait offrir un somptueux appartement, en contrepartie de son silence. Un comble pour un président qui se définissait comme incorruptible.

 

Et Dilma Rousseff dans tout ça ? Le peuple brésilien, scandalisé par cette affaire, reste persuadé que la présidente, alors ministre de l’Énergie sous Lula était au courant de ces manœuvres, surtout qu’elle participait au conseil d’administration de Petrobras à cette époque. L’ex-militante se défend de n’avoir jamais entendu parler de cette obscure situation. Cependant, un étrange coup de fil entre les deux figures du PT, diffusé par le juge fédéral Sergio Moro, fondera de plus en plus les soupçons: pour protéger son allié de toujours, Dilma Rousseff lui réserve son décret officiel de nomination. Ainsir, Lula, pour éviter tout enroulement judiciaire, pourrait tantôt devenir ministre et chef de cabinet de cette dernière. Chose faite en mars dernier et avortée directement par le juge fédéral, Sergio Moro mais aussi grâce à la pression opérée par les manifestants.

 

Ces écoutes téléphoniques sont, pour les opposants, la preuve de la culpabilité de Lula, mais surtout rendent la chef d’État complice dans cette affaire de malversation. Même, si hypothétiquement, elle ignorait ces circonstances houleuses, l’actuelle présidente montre à ses détracteurs que ses prérogatives permettent d’offrir des passes droits aux corrompus ; un privilège tout à fait immoral qu’elle condamna énergiquement quelques années plus tôt, lors de ses campagnes présidentielles et de son mandat.

 

Le scandale Petrobras reste une affaire qui bouleversa le pays. La population brésilienne, en mal d’une histoire teintée de dictature et de corruption et fortement touchée par les inégalités sociales, se voit promettre une quasi-révolution gouvernementale et économique assainie de toute fraude et ceci grâce aux partages des revenus de l’énorme Petrobras. Or, touché en plein cœur, le peuple réalise que les dirigeants du pays, en l’occurrence le PT, sont eux-mêmes concernés par des dessous-de-table sur l’argent qui leur ait dû. Bien que le parti offra un renouveau économique sans précédent au Brésil, cette récente structure si fragile s’effondre petit à petit sous les yeux impuissants du peuple. En conséquence, un ras-le-bol aux répercussions historiques pour le gouvernement et surtout pour Dilma Rousseff.

 

Crédit photo: Alessandro Bomfim


 

Références

Think Progress: Brazil’s presidential crisis explained

G1.Globo.com: Operaçao Lava-Jato

El Observator: Las claves para entender el escàndalo Petrobras

Exame.com: 8 respostas para decifrar (por ora) o escândalo da Petrobras

O escândalo de corrupção na Petrobras e suas consequências, com Eduardo Giannetti, Bolívar Lamounier e José Roberto Mendonça de Barros.

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