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Staple.ch | 19 décembre 2018

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Brille entre amis politiciens : la CGT et la CFDT

La CGT et la CFDT

Voilà plusieurs mois que la France s’agite. En cause: la  Loi El Khomri. Les protagonistes de cet ébranlement? La Confédération Générale du Travail ou CGT, soit, le «premier» syndicat français. Mais ce syndicat historique perd du terrain face à sa concurrente, la Confédération Française Démocratique du Travail (CFDT), qui elle est partisane de la loi «sous réécriture». Retour sur deux célèbres institutions qui se livrent fermement bataille aujourd’hui.


 

Le refus est catégorique. La CGT n’accepte pas la loi El Khomri. Et pour se faire entendre, la grève est son arme la plus forte. Les raffineries, les centrales nucléaires, les cheminots et la SNCF: voici les dernières contestations les plus marquantes de la CGT. Présent dans de très nombreuses entreprises publiques et privées, le syndicat se revendique être le premier de France. Premier de France oui, selon le nombre de voix aux élections prud’homales. Quoi donc? Les Prud’hommes, des tribunaux dotés d’un conseil qui joue le rôle de juges lors de litiges au sein du travail. Ces juges sont, à parts égales, des salariés et des employeurs. Souvent représentés par un syndicat, les «salariés juges» sont à majorité cégétiste, soit 34 % en 2010, pour seulement 22 % de représentants CFDT la même année. Une majorité prud’homale, mais aussi professionnelle de la CGT, car chaque entreprise, publique ou privée, est représentée par un délégué du personnel, soit un ou plusieurs employés, en fonction de la taille de l’entreprise. Là aussi, les délégués sont pour la plupart des syndicalistes de la CGT, 27 % en 2010 et 26 % pour la CFDT.

 

Mais le nombre d’adhérents remet en cause ce statut de premier syndicat de France de la CGT, car la CFTD compte 868 600 partisans revendiqués en 2013. Un nombre supérieur à celui de la CGT: 688’000 toujours selon les chiffres de l’INSEE. Des adhérents donc plus faibles en nombre que la CFDT, mais beaucoup plus impétueux. Fermement opposé à la loi El Kohmri, le syndicat, né en 1885, a la dent dure. Par des actions corsées, souvent contestées, la CGT ne plie pas, et ce, depuis des années maintenant. Les multiples grèves de la SNCF, ce sont eux, les manifestations de la fonction publique et de la RATP, encore eux. Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, n’a pas froid aux yeux, et compte bien se faire entendre, quitte à littéralement bloquer le pays tout entier, même 10 jours avant l’Euro de Football. Une minorité syndicale qui paralyse le territoire, car la CFDT (syndicats des routiers et de Orange) n’a pas la même quête révolutionnaire que son concurrent. Déjà, elle accepte la loi réécrite et modifiée, mais surtout, se veut aussi plus diplomate dans sa démarche. La CGT, elle, veut lutter contre cette loi, qu’elle voulait, il y a quelques jours encore, proscrire. Des perspectives opposées et largement débattues lors de la rencontre, lundi dernier, sur RTL, des deux leaders: Philippe Martinez, le cégétiste et Laurent Berger, de la CFDT. Un «match» d’envergure selon certains journaux, qui cristallise l’affrontement opéré entre les deux partis qui se battent la première place sur fond exacerbation sociale.

 

Crédit Photo: Gwenael Piaser


Références

bfmtv.com: « Une « minorité » la CGT? Le syndicat compte plus d’adhérents que les partis politiques »

lefigaro.fr: « CFDT-CGT : le match en chiffres »

lesechos.fr: Loi Travail : le match Laurent Berger-Philippe Martinezmediapart.fr: « Pour Laurent Berger (CFDT), la CGT traite les salariés comme des mineurs »

 

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